LES VERGERS

L'ARBOCAL - La Conserverie des Vergers est née de l’envie de sauvegarder les près-vergers qui entourent nos villages du piémont alsacien. Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Explications.

DE QUOI PARLE-T-ON ?

Le pré-verger est le mariage de l’arbre, de l’herbe, du lait, de la viande et des fruits. Le pré-verger est une prairie, fauchée ou pâturée, plantée d’arbres fruitiers de haute tige. Un fruitier est dit de “ haute tige ” quand la hauteur du tronc atteint au moins 1,60 m. Le pré-verger a un intérêt particulier dans un système d’élevage où les animaux peuvent valoriser l’herbe mais aussi les fruits tombés et les drèches issues de la fabrication du cidre ou du jus de pomme. 

À leur apogée, vers 1930-50, les prés-vergers couvraient une surface de plus de 500 000 ha. Du fait de la mécanisation, il n’en reste aujourd’hui que quelques 100 000 ha, soit moins de 0,5 % de la surface agricole utile française.

 

La diversité fruitière du verger français est remarquable, même si le pommier domine. Un bon tiers des vergers sont en Normandie. La Lorraine, l’Alsace et le Pays de Loire sont aussi densément pourvus. Globalement, les prés-vergers se sont maintenus dans des bassins irrigués par une industrie locale de la transformation (cidrerie, distillerie…). Ils sont surtout localisés autour des villages.

 

Géré sans pesticide et sans engrais chimique, le pré-verger héberge de nombreuses espèces animales et végétales en déclin ou menacées, pour qui ce milieu remarquable devient à la fois zone d’alimentation, mais aussi de reproduction et d’hivernage. 

 

En France, 14 des 27 espèces d’oiseaux désignées comme « en déclin » par le Museum National d’Histoire Naturelle sont présentes dans les prés-vergers. Parmi elles, le torcol fourmilier, la huppe fasciée, le moineau friquet, la mésange nonette, le rouge-queue à front blanc, le bouvreuil, le gros bec et la chouette chevêche. Emblématique, la chouette chevêche affectionne les cavités présentes dans les vieux arbres fruitiers.

 

La diversité des espèces permet de préserver l’équilibre biologique. Les populations de ravageurs y sont maintenues à des densités faibles grâce à la présence de nombreux antagonistes. Les variétés rustiques résistent par ailleurs aux principaux champignons. La production en fruits y est certes moindre qu’en verger spécialisé basse tige, mais elle est compensée par une production de fourrage et souvent du miel. 

 

Source : OSAÉ -OSEZ L’AGROÉCOLOGIE  www.solagro.org

 

LE CONSTAT

On peut dénombrer dans les vergers des abords de Weiterswiller plus de 1000 arbres fruitiers productifs : cerisiers, quetschiers, mirabelliers, poiriers, pommiers, cognassiers, noyers. On peut aussi en dénombrer plus de 200 envahis par le gui, abîmés, ou morts. Et plus de 10% des parcelles retournées à l’état « sauvage ».

 

D’un vieillissement de la population particulièrement prononcé à Weiterswiller découle probablement une grande partie de la difficulté à entretenir le patrimoine, tant bâti que agricole, qui se concrétise par l’abandon de maisons, de vignes et de vergers, et de leur fruits.

  

Une autre cause de cet abandon est lié au changement des habitudes de consommation. En milieu rural, on est passé en une génération d’une consommation alimentaire essentiellement autarcique à une consommation majoritairement dépendante de la grande distribution -et de la voiture. Et la distillation, grande consommatrice de fruits, a par ailleurs été fondamentalement freinée par la fin du caractère héréditaire des privilèges du propriétaire récoltant.

 

Au vu des facteurs aggravants (âge avancé des arbres, sécheresses et tempêtes successives, désintérêt pour les vergers, mécanisation de l’agriculture), on peut imaginer que le phénomène de détérioration des vergers va s’accélérer dans les années qui viennent, et que dans 10 ans, la proportion d’arbres morts et de parcelles abandonnées sera nettement plus importante.

 

LA CAUSE ENVIRONNEMENTALE

Selon la chambre d’agriculture « les vergers haute tige sont un espace vital aussi bien pour les espèces animales encore fréquentes que pour celles qui sont menacées. Plus de 1 000 espèces d’insectes, d’arachnides et de myriapodes ont été dénombrées dans les vergers (…) où la biodiversité est nettement plus grande que sur une surface ouverte ».

Par ailleurs, l’alimentation est responsable de 40% de notre empreinte écologique d’après une étude de Global FoodBanking Network. Alors autant commencer par là.

LA CAUSE ANTI-GASPI

1000 arbres, c’est au moins 25 tonnes de nourriture, dont la majeure partie retourne directement à la terre, sans passer par l’assiette, alors même qu’on s’inquiète de ne pouvoir satisfaire les besoins alimentaires de la population de la planète dans les années qui viennent.

LA CAUSE  SANTÉ

Les nombreuses crises sanitaires et alimentaires (vache folle, Lactalis, oeufs contaminés au fipronil, viande de cheval, covid-19, etc.) des dernières années, le souci de notre santé, confirment la nécessité de nous réapproprier et de relocaliser notre alimentation, encourage un retour au naturel et au « fait maison » , et  viennent renforcer l’idée qu’il faut pérenniser ces vergers et leurs fruits.

 

 

 

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SAUVONS LES VERGERS

Il serait dommage de ne pas tenter de sauver cet environnement, maintenant que chacun sait à quel point il est important, tout en réduisant le gaspillage et l’insécurité alimentaire, et en participant au développement du territoire.

L’idée est simple : valoriser les fruits pour pérenniser les vergers, en les transformant en confitures, compotes, sirops, chutneys…

Mais rien ne peut se faire sans l’adhésion des propriétairesNous leur avons donc proposé un partenariat.

En échange de l’autorisation de récolter les fruits dont ils ne veulent pas, L’Arbocal-La Conserverie des Vergers propose :

  • de rémunérer les fruits récoltés à hauteur de 10% du prix du marché de gros bio national
  • d’entretenir les arbres : suppression du gui, taille des branches cassées ou abimées, aération de la couronne,
  • enfin, si des financements sont trouvés, de remplacer les arbres morts.

14 propriétaires ont déjà donné leur accord, ce qui représente près de 150 arbres !

Si vous possédez des vergers, et que ce partenariat vous intéresse, contactez l’ARBOCAL !

contact@arbocal.eu